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Dans cette perspective on a exprimé la conviction que cette collaboration
pourrait être facilitée par un comportement commun, approuvé
par les organes responsables des communautés religieuses respectives
en Italie, qui puisse favoriser une entente dans lorientation pastorale
des mariages mixtes à un niveau local, pour chaque diocèse
et pour les communautés vaudoises et méthodistes.
Le présent texte commun, fruit dun long travail accompli
par les deux délégations, sarticule en trois parties.
La première contient ce que, comme chrétiens, nous pouvons
dire ensemble sur le mariage, malgré les différences et
les divergences confessionnelles qui nous caractérisent. Il ne
sagit pas évidemment dune exposition complète
de la doctrine du mariage des deux églises : on se limite ici à
dire lessentiel pour donner un fondement chrétien et orienter
de façon oecuménique un mode commun dexpression, autant
que possible, sur les mariages mixtes.
Dans la seconde partie sont indiqués les points de divergence dans
la manière de comprendre et de vivre le mariage, leur incidence
sur la communion conjugale, leur influence sur la discipline des mariages
mixtes, à propos de la célébration nuptiale, et ainsi
de suite.
La troisième partie est de caractère pastoral; elle offre
aux époux et aux fiancés appartenant à des confessions
chrétiennes différentes, à leurs familles, ainsi
quaux ministres des deux communautés religieuses, des indications
et des orientations au sujet de la préparation, de la célébration
et de la pastorale des mariages.
Les indications de ce texte commun ont été soumises à
lapprobation des organismes compétents ( Conférence
Episcopale Italienne et Synode des églises vaudoises et méthodistes),
qui décident comment les rendre opérationnelles pour résoudre
les problèmes qui surgissent ordinairement dans les mariages mixtes
quon célèbre en Italie entre fiancés/ées
catholiques et ceux/celles qui appartiennent à lEglise évangélique
vaudoise- Union des églises vaudoises et méthodistes, indiquée
dans ce texte simplement comme Eglise vaudoise (Chiesa valdese).
Les indications ont le but dappliquer concrètement les documents
spécifiques émanés des églises respectives
au niveau national, comme le Document sur le mariage du Synode vaudois
de 1971, le Décret Général sur le mariage canonique
de la Conférence Episcopale Italienne du 5 novembre 1990 et le
Directoire pour lapplication des principes et des normes sur loecuménisme
du Conseil Pontifical pour la promotion de lunité des chrétiens
de 1993 (nn. 143-160).
Première partie
CE QUE NOUS POUVONS DIRE EN COMMUN SUR LE MARIAGE COMME
CHRETIENS
1.1. La création de lhomme et de la femme dans leur diversité
et réciprocité
«Dieu créa lêtre humain (le genre humain) à
son image, à limage de Dieu il le créa; mâle
et femelle il les créa». (Genèse 1,27). «Le
Seigneur Dieu modela lêtre humain avec de la poussière
prise du sol» (Genèse 2,7). « Le Seigneur Dieu forma
la femme et la conduisit à lhomme» (Genèse 2,
22).
La création de lhomme et de la femme, dans leur diversité
et réciprocité, est en elle-même une invitation à
la communication, à la rencontre, au dialogue, en enrayant la solitude.
«Il nest pas bon pour lêtre humain dêtre
seul. Je veux lui faire une aide qui sera son vis à vis»
(«une aide contre lui», traduction- Chouraki) ( Genèse
2,18) .
Lhomme et la femme sont tellement semblables quune communion
réelle et profonde est rendue possible, et tellement différents
que, dans la rencontre, ils senrichissent lun lautre
sans se perdre lun dans lautre.
1.2. Le mariage
Le couple humain est création de Dieu. Dieu a formé lhomme
et la femme, chacun en vue de lautre.
Cest cela le fait fondamental, voulu par Dieu, qui caractérise
le mariage, cest-à-dire lunion du couple dans le lien
damour conjugal. Le mariage est vécu comme réponse
joyeuse (Genèse 2, 23) de lhomme et de la femme à
leur création et se constitue là où un homme et une
femme, selon le dessein de Dieu, par un consentement réciproque,
sunissent comme mari et femme.
Le mariage rend la communication dans le couple complète et stable.
«Ils deviendront une seule chair» (Genèse 2,24) signifie
lunion des corps, mais aussi des destins personnels. Lhomme
et la femme, comme couple conjugal, ne vivent plus deux histoires parallèles,
mais une seule histoire commune. En elle chacun est appelé à
vivre la plénitude de lamour dans un rapport de réciprocité
complète.
Ce nest pas par hasard que la Bible parle, précisément
dans ce texte, daide réciproque. Dans cette solidarité
laborieuse et durable se manifeste concrètement la consistance
de lamour conjugal.
La création du couple révèle la nature dialogique
fondamentale de lêtre humain et le mariage comme espace, instrument
et école de communion.
1.3. Parabole de lAlliance
La parole forte que la Bible prononce sur le mariage est celle selon
laquelle il est présenté comme une parabole de lAlliance
entre Dieu et son peuple (Osée 2,16-19) et comme signe présent
de lunion entre Christ et léglise (Ephésien
5,31-32). La parole de Dieu manifeste le niveau profond dans lequel est
donné au chrétien de vivre le mariage.
La référence à lAlliance confère au
mariage une force et une richesse de sens supérieures à
celles qui sont exprimées dans une conception purement contractuelle
du mariage lui-même; tandis que la précision paulinienne
de «grand mystère» à propos de « Christ
et léglise» révèle la qualité
et lintensité de lamour qui gouverne la vie conjugale
dans la lumière du salut qui nous est donné en Christ. Cest
cela la vocation inscrite dans le rapport conjugal homme-femme selon la
Parole de Dieu.
1.4. Amour conjugal
Le mariage, selon la parole du Seigneur (Marc 10,8) sexprime dans
lunité du couple, en ce sens que mari et femme ne sont plus
deux mais un.
Une telle union investit la totalité de leurs personnes dans une
communauté damour vécue lune pour lautre,
dans le respect réciproque, la loyauté et la fidélité,
soutenue par le don et le pardon, dans la soumission à lamour
de Christ ( Ephésiens 5,21ss).
Lamour conjugal vit la différence et l attraction sexuelle
réciproque comme un don de Dieu pour le bien de lhomme et
de la femme, dans leur communion de vie et damour.
Les conjoints croyants vivent dans le mariage leur propre sexualité
sans exaltations ni répressions, respectant la dignité et
la liberté de chacun.
1.5. Fidélité
Puisque le mariage est un pacte de communion de toute la vie, la fidélité
en est lélément constitutif et lengagement à
la fidélité en est la conséquence nécessaire.
Une déclaration damour est une déclaration de fidélité.
Aimer une personne signifie lui être fidèle. Le cadre de
la fidélité conjugale nest pas circonscrit à
la sphère sexuelle, mais concerne les différents moments
de la vie en commun, précisément parce que le mariage cest
aussi croître ensemble dans tous les aspects de sa personnalité.
Aujourdhui le problème de la fidélité prend
de nouveaux aspects, parce que linsertion des deux époux
dans la vie sociale a comme conséquence que mari et femme ont souvent
des milieux professionnels et sociaux différents dans lesquels
sétablissent de multiples relations. Ce croisement de nouveaux
rapports entre hommes et femmes est vu en soi positivement, parce quil
développe et approfondit les dons personnels et favorise laccomplissement
des responsabilités sociales des individus.
Aujourdhui il y en a qui pensent que lamour conjugal peut
donner lieu en même temps a beaucoup de fidélités
parallèles, qui ne sexcluent pas mais peuvent vivre ensemble
et même se compléter. Lanalogie biblique du pacte qui
illumine lunion de Christ avec léglise fournit cependant
une indication différente: la fidélité à son
conjoint nadmet pas de rapports parallèles sur le même
plan; ils équivaudraient à beaucoup dinfidélités,
cest-à-dire à aucune fidélité. La fidélité
conjugale, au contraire, a une ampleur et une profondeur bien différentes;
elle sexprime dans la confiance réciproque, et cest
delle que dérivent et sont soutenus aussi le sérieux,
lefficacité et la sérénité des rapports
que les conjoints ont individuellement sur le plan social et professionnel.
En effet, lamour conjugal nannule pas ou ne comprime pas la
personnalité des conjoints, mais laccepte et la revigore.
Jouir de linsertion réciproque dans la société
et de la réalisation la meilleure des talents réciproques
et des aspirations est le signe clair de la fidélité conjugale.
1.6 Durée
Le mariage est un pacte qui na pas de délais. Le rapport
conjugal, qui comporte le don total de lhomme et de la femme dans
lunion des corps et des destins personnels, nest pas à
terme: par sa nature et sa structure il est destiné à durer.
La fidélité entre conjoints est pour la vie.
La durée du lien est affirmée avec force par la parole de
Jésus: « Que lhomme ne sépare pas ce que Dieu
a uni» (Mathieu 19,6)
Quand un homme et une femme qui ont la foi sunissent en mariage,
ils le font avec la certitude, nourrie despoir et de prière,
que leur lien les associe et les engage pour la vie. Ils reçoivent
comme don de Dieu la réalité de lunion conjugale,
appelée à durer pour le temps de leur existence terrestre.
Chaque rapport authentique damour porte en soi - presque comme un
reflet de lamour de Dieu- la promesse de la durée.
1.7. Famille et enfants
Le couple conjugal par sa nature et sa structure est ouvert à
la vie et destiné à la répandre sur la terre ( Genèse
1,28). Cest pourquoi il est ordonné à la procréation;
un homme et une femme sunissent en mariage parce quils saiment
et sur leur amour se fondent beaucoup de promesses, entre autres en particulier
celle des enfants.
Même si on doit distinguer linstitution matrimoniale de linstitution
familiale, dotées chacune de valeurs propres, les deux institutions
sont intimement reliées entre elles et se soutiennent mutuellement.
Le mariage se démontre pleinement fécond, non seulement
dans la procréation, mais aussi de différentes façons,
dans la dimension familiale aussi bien que sociale, comme espace, instrument
et école de communion laborieuse entre les êtres humains
(par exemple: dans ladoption, la garde de mineurs, laccueil,
lhospitalité etc.).
Enfin il faut affirmer la responsabilité des parents aussi envers
les enfants nés hors du mariage, auxquels on ne peut nier une égale
intensité damour.
1.8. Famille, société, église
La famille est destinée à avoir dans la société
un rôle dédification, de cohésion et de développement,
dans le respect et la promotion de la personne humaine et de sa dignité.
Comme cellule dans la communauté chrétienne, la famille
a le devoir de témoigner, comme exemple vivant dun rapport
de communion, lamour de Christ pour son église ( Ephésiens
5,21) et de mettre en oeuvre la première évangélisation
des nouvelles générations.
1.9. Mariage mixte
Un mariage entre chrétiens appartenant à des confessions
diverses, advient «dans le Seigneur»(1 Corinthiens 7,39) et
donc dans son corps, qui est léglise.
Les conjoints restent insérés dans leur communauté
avec leurs particularités confessionnelles. La diversité
et la séparation des communautés peuvent peser négativement
sur le rapport de couple. Dautre part, le couple interconfessionnel
peut contribuer à rapprocher les communautés, en créant
des occasions de rencontre, de dialogue, déchange et, si
cest possible, de moments de communion.
Les communautés, à leur tour, peuvent aider les couples
interconfessionnels en développant lesprit oecuménique
chacune pour son compte, et dans leurs rapports réciproques, et
peuvent offrir des occasions pour supprimer -pour autant que ce soit possible-
empêchements et obstacles de nature variée (théologique,
juridique, psychologique) qui rendent difficile, à des conjoints
de confessions différentes, de vivre ensemble leur vocation chrétienne.
Ce quil faut de toutes façons affirmer et valoriser cest
lenracinement des deux conjoints dans la foi du Seigneur commun.
Cet enracinement assume en fait des formes et des contenus différents
dans louverture aux sollicitations de lEsprit vers lunité,
de telle sorte quon peut souhaiter, dans la perspective dun
chemin oecuménique, réalisé sans pressions ou manipulations,
une disponibilité réciproque de chaque conjoint à
participer à quelques initiatives ou à des moments de vie
de la communauté religieuse de la contrepartie.
Il est essentiel que les partenaires dun couple interconfessionnel
ne desserrent pas les liens avec leur communauté respective, mais
au contraire les renforcent. Leur expérience, conjuguée
à dautres expériences, peut devenir un lieu de vérification
et une occasion pour stimuler une prise de conscience oecuménique
des églises. Le couple interconfessionnel entend donc vivre et
témoigner sa propre foi dans le Seigneur, quelle invoque
comme source et artisan de lunité de tous les chrétiens.
Deuxième partie
DIFFERENCES ET DIVERGENCES
Ce qui précède est ce que lEglise catholique et lEglise
Vaudoise peuvent dire aujourdhui ensemble sur le mariage. Il sagit
de points fondamentaux et qualifiants, sur lesquels le conjoint catholique
et le conjoint évangélique dun couple interconfessionnel
pourront trouver un terrain solide de rencontre et des motifs de véritable
communion. Cela ne supprime pas le fait quentre la conception catholique
et la conception évangélique du mariage restent des différences
et des divergences non insignifiantes, qui doivent être connues
et méditées attentivement à loccasion de la
célébration dun mariage mixte.
2.1. "Sacramentalité"
La différence majeure entre les deux confessions au sujet de la
doctrine du mariage concerne sa nature sacramentelle ou pas.
Selon lEglise catholique le mariage est un des « sept sacrements
de la nouvelle Loi, institués par notre Seigneur Jésus-Christ»
(Concile de Trente, Section VI, Décret sur les sacrements, can.
1), par conséquent il nappartient pas seulement à
lordre naturel de la création, mais aussi à celui
de la rédemption. Le mariage entre deux baptisés est une
réalité surnaturelle en tant que signe et instrument de
lamour rédempteur de Christ; cest ainsi quil
fonde la famille chrétienne, cellule primaire de la communauté
ecclésiale. Selon la doctrine catholique le fondement de la sacramentalité
du mariage est le baptême. Cest pourquoi tout mariage entre
deux baptisés est considéré sacrement. A cause de
cette sacramentalité lEglise catholique reconnaît
avoir la compétence pour régler, au moyen de sa propre discipline,
le mariage de ceux qui lui appartiennent. La réglementation sur
les mariages mixtes en est un aspect.
Selon lEglise vaudoise le mariage est une réalité
de la bonne création de Dieu, devenue une institution fondamentale
de la société humaine, que les croyants reçoivent
et vivent comme un «don»( I Corinthiens 7,7): «Dans
le mariage les conjoints croyants effectuent comme couple leur vocation
chrétienne», en la vivant « comme expression particulière
de lamour du prochain et de lalliance de grâce qui relie
les croyants à leur Seigneur « ( Synode vaudois, Document
sur le mariage, n.8). Le mariage nest pas considéré
par lEglise vaudoise un sacrement.
Lévaluation exacte de la différence doctrinale entre
les deux confessions religieuses dépend de la compréhension
différente des sacrements et de léglise, comme aussi
de leur rôle dans la vie de la foi et de la diversité des
langages qui en dérivent.
Cette conception différente du mariage entraîne des conséquences
de différentes natures : les conjoints devront en être conscients.
La diversité peut être une occasion denrichissement
réciproque, mais peut aussi être une source de tensions.
Chaque conjoint se sentira engagé à respecter lautre
dans ses convictions et à ne pas contraindre en aucune manière,
directe ou indirecte, sa conscience. Il cherchera plutôt à
comprendre les positions, en les mettant en dialogue avec ses propres
positions, et en les confrontant les unes et les autres avec la Parole
de Dieu.
Dautre part, la conception différente de la nature sacramentelle
ou non sacramentelle du mariage nempêche pas un couple interconfessionnel
de vivre de façon chrétienne sa propre union, dans la foi
commune dans le Seigneur, dans lamour et dans lespérance,
dans la prière faite ensemble et dans lécoute constante
de la Parole divine - parole oecuménique par excellence. Chaque
conjoint maintiendra un rapport vivant et loyal avec sa propre communauté
et cherchera - quand cela est possible- à partager dans léglise
du conjoint des moments de prière et de réflexion biblique.
En faisant de leur vie en commun un espace ouvert de communion, de dialogue
et de service pour leur prochain, les conjoints dun couple interconfessionnel
formeront une cellule petite mais vivante, ouverte au cheminement oecuménique,
significative non seulement pour leur communauté dappartenance,
mais aussi pour toute la communauté humaine.
2.2. Indissolubilité
Une seconde divergence doctrinale et disciplinaire concerne lindissolubilité
du pacte conjugal.
De façon concorde on reconnaît que le mariage est un pacte
qui ne comporte pas de délais, même si les manières
de lexprimer sont différentes, de même que les conséquences
quon en tire du côté catholique et du côté
évangélique.
Selon lEglise catholique le pacte damour conjugal, configuré
par Dieu dans la création et élevé dans la foi à
signifier et à réaliser le mystère de lamour
de Christ, exige comme conséquence lindissolubilité,
qui comporte entre les contractants le lien de lamour réciproque
dans le don perpétuel de la vie. Nest donc pas admis le droit
au divorce, ni ne sont possibles les secondes noces qui en découlent.
LEglise vaudoise affirme également que la vocation adressée
au couple est d «être unis dans une communion de vie
durable», et donc « face à la manière chrétienne
de vivre le mariage léventualité du divorce ne se
pose pas» ( Synode vaudois, Document sur le mariage,n.57). Dautre
part on reconnaît lexistence de crises conjugales qui peuvent
déboucher sur des situations de rupture irrémédiable,
où il nest plus possible de demander aux croyants «au
nom de lEvangile, le renoncement au divorce» (n.59). Dans
un tel cas la possibilité de nouvelles noces au temple de la part
des divorcés nest pas exclue, mais elle est convenablement
disciplinée (n.60), même si «en principe lEglise
vaudoise nest pas favorable» à y consentir. Dautre
part, lEglise vaudoise ne reconnaît pas de mesures dorganes
ecclésiastiques catholiques, qui déclarent lannulation
de mariages ou concèdent la dissolution selon des normes du droit
canon. Toutefois pourront être célébrées les
nouvelles noces de ceux qui ont joui de telles mesures - avec les mêmes
modalités prévues pour les divorcés- dans le cas
où létat libre des intéressés a été
certifié par des organes de lEtat.
La diversité au niveau doctrinal et disciplinaire entre lEglise
catholique et lEglise vaudoise à propos de lindissolubilité,
nenlève rien à la volonté commune des conjoints
dun couple interconfessionnel de construire un rapport damour
et de communion qui dure toute la vie, dautant plus lorsquon
veut partager la même foi et quon désire vivre ensemble
sa Parole: «Que lhomme ne sépare pas ce que Dieu a
uni»( Mathieu 19,6).
La perspective de la rupture du lien est en dehors du consentement donné
dans la foi.
Du point de vue catholique la diversité doctrinale et disciplinaire,
par conséquent, na pas dinfluence nécessairement
sur la validité du mariage, à moins que lun ou les
deux conjoints, par un acte positif de volonté, excluent dès
le moment des noces lindissolubilité, à savoir un
pacte conjugal stable et durable pour toute la vie.
La volonté des conjoints dédifier une communion stable
de vie et damour en se référant tous deux à
Christ les encourage à approfondir ensemble le sens et la portée
des positions différentes de leurs confessions respectives sur
cet aspect et sur dautres de la doctrine matrimoniale, dans la perspective
dun chemin oecuménique à parcourir avec confiance,
dans lattente de lunité des croyants invoquée
comme don de lEsprit.
2.3. Fécondité et procréation
Dans ce domaine les divergences sont essentiellement deux. La première
concerne la procréation. Selon la doctrine partagée par
lEglise vaudoise et par lEglise catholique, louverture
à la vie est inscrite dans la trame même de lamour
conjugal. Toutefois, à la différence de lEglise vaudoise,
lEglise catholique pense que lexclusion de la progéniture
par un acte positif de volonté de lun ou des deux conjoints
au moment de la célébration rend nul le mariage.
La divergence, considérée à un niveau purement doctrinal,
ne met pas en question du côté catholique la validité
des mariages mixtes entre protestants et catholiques, si le couple se
constitue pour réaliser sa proposition damour (qui selon
le dessein de Dieu- Genèse 1,28- est ouvert à la procréation
et ordonné à elle avec une disponibilité généreuse
à la vie) et sil nexclut pas, par un acte positif de
volonté, la progéniture. Si cette dernière condition
nétait pas observée, le lien serait considéré
nul du côté catholique.
La deuxième divergence concerne la régulation des naissances.
Les deux églises partagent le principe selon lequel la réglementation
des naissances entre dans le domaine de la responsabilité humaine
et chrétienne des époux. Il y a cependant diversité
de jugement à propos du caractère licite, au point de vue
moral, de quelques méthodes de régulation des naissances.
Cette question ne concerne pas la nature du mariage ni ses propriétés
essentielles, et, comme telle, na pas de répercussion sur
la validité du mariage mixte. Elle doit être prise cependant
en sérieuse considération, car elle concerne un aspect important
de la vie matrimoniale : il est donc opportun que les conjoints laffrontent
et la clarifient avant les noces. Comme pour dautres questions de
la vie de couple, pour celle-ci doit aussi valoir le principe de respect
de la conscience de lautre de la part de chaque conjoint, excluant
toute contrainte ou imposition et cherchant ensemble, dans la liberté
et dans la charité, des solutions satisfaisantes pour chacun deux.
2.4. Education religieuse des enfants
Le problème de léducation religieuse des enfants
des couples interconfessionnels présente des aspects très
délicats, qui demandent toute lattention et lengagement
des croyants et des églises sur le plan des rapports oecuméniques.
La discipline de lEglise catholique est exprimée dans le
canon 226, § 2 du Code de droit canon, qui- sinspirant des
énonciations du décret Gravissimum educationis
du Concile Vatican II- affirme:«Etant donné que les parents
ont donné la vie à leurs enfants, ils ont lobligation
très grave et le droit de les éduquer; cest pourquoi
cest avant tout aux parents chrétiens de prendre soin de
léducation chrétienne de leurs enfants selon la doctrine
enseignée par léglise». Pour mettre en pratique
ce principe, lEglise catholique demande aux fiancés catholiques,
qui se décident pour un mariage mixte, la promesse formelle de
«faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que tous les enfants
soient baptisés et éduqués dans lEglise catholique»
(can. 1126, & 2). Une telle promesse nest rien dautre
que la sanction du droit naturel des parents. Le Code du droit canon prescrit
quelle soit portée à la connaissance de la partie
non catholique (can. 1125, nn.1 et 2).
Selon lEglise vaudoise, «les parents étant les seuls
responsables face à Dieu des engagements quils ont envers
lui au sujet de leurs enfants, cest à eux de décider
au sujet du baptême et de léducation chrétienne
des enfants nés dun mariage interconfessionnel». Aussi
dans ces cas-là léglise ne demande pas une promesse
formelle, mais «soutient les parents et les encourage dans laccomplissement
de leurs devoirs» ( Synode vaudois, Document sur le mariage, n.31)
et rappelle toujours la responsabilité personnelle du croyant «
de témoigner de sa foi à son propre conjoint et à
ses enfants» ( n. 32).
Pour les deux églises léducation des enfants est un
droit-devoir des deux parents. Par conséquent chacun deux
doit tenir compte du droit-devoir analogue du conjoint et du droit des
enfants de recevoir cette éducation dans un cadre pédagogiquement
valable, cest-à-dire dans une atmosphère de concorde
et de communion familiale et non de querelle et de contraste, qui pourrait
provoquer en eux un état dindifférence religieuse.
Léducation chrétienne devra être faite dès
les premières années de vie et non renvoyée au moment
où les enfants deviennent majeurs. Ce problème devra donc
être affronté des deux côtés dès la phase
de préparation des noces. En aucun cas ne devra être privilégiée
une ligne gnostique, neutre ou confuse, même si elle était
adoptée dans lintention de remettre par la suite la solution
du problème à la libre décision des enfants.
Léducation religieuse de la progéniture est un problème
qui devra être affronté avec un grand sens de responsabilité,
dans une vision dynamique soit de laventure conjugale des parents
soit de la progressive maturation de conscience des enfants, en évaluant
attentivement les raisons et les conséquences des directions que
lon prend, et en faisant attention à ce que léducation
elle-même soit, autant que possible, homogène et complète.
La responsabilité de léducation chrétienne
des enfants est toujours requise des deux parents.
Il est de toutes façons fondamental que léducation
chrétienne des enfants nés dun mariage mixte ait lieu
dans un esprit oecuménique et consiste premièrement à
présenter loeuvre de Dieu, comme elle est témoignée
dans la Parole biblique, qui a son centre vivant en Christ, lui qui est
et reste le point de référence de la foi de chacun ; cest
en lui en effet que nous sommes baptisés, et nous lui appartenons,
dans la vie et dans la mort, en faisant partie de son corps.(I Corinthiens
12).
En tenant compte de la diversité confessionnelle des deux églises,
on devra procéder avec beaucoup de délicatesse et de compréhension
réciproque. A la lumière des considérations précédentes,
une orientation homogène et qui évite la confusion, devra
assumer un engagement particulier de la part de lun des deux parents.
Cependant, dans tous les cas, devra être respecté le droit-devoir
de lautre de témoigner de sa propre foi en paroles et par
son exemple, également comme obligation dordre éducatif,
de façon à rendre tous les membres de la famille en mesure
de saisir la valeur de sa propre confession religieuse, toujours ouverte
à la recherche de la Vérité.
Dans cette perspective lEglise catholique et lEglise vaudoise
rappellent aux deux époux leur engagement envers le Seigneur qui
les a appelés à son service, et rappellent tout autant au
conjoint membre de sa propre communauté ses engagements envers
cette même communauté, envers sa doctrine et sa discipline.
En même temps elles excluent toute forme de pression de leur part
sur la conscience des époux et de la part de chaque conjoint sur
la conscience de lautre, et sengagent à respecter en
conséquence les décisions quils prendront, dans lexercice
responsable de leur droit, en ce qui concerne le baptême et léducation
religieuse des enfants.
2.5. Aspects pratiques dérivant de la divergence doctrinale
et disciplinaire
Les divergences doctrinales entre lEglise catholique et lEglise
vaudoise à propos du mariage en général et du mariage
mixte en particulier ont donné lieu dans le passé à
des disciplines fortement contrastantes, créant beaucoup de difficultés
à la célébration des mariages mixtes et ont souvent
été cause de souffrances pour lun ou lautre
des conjoints, ou pour tous les deux.
LEglise catholique considérait la diversité de confession
religieuse entre chrétiens comme un «empêchement»,
et imposait au conjoint non catholique les «cautions» en ce
qui concerne la foi de la partie catholique, le baptême et léducation
catholique des enfants nés du mariage mixte.
Le nouveau Code de droit canon a enlevé lempêchement
et, en ce qui concerne la cohérence religieuse et léducation
des enfants, exige seulement de la part catholique lengagement à
se comporter en conformité avec sa propre foi et le devoir de faire
connaître cet engagement à son partenaire.
La législation canonique actuelle, toujours en ce qui concerne
le côté catholique, ne contemple pas de dispositions qui
ne soient pas déjà prévues aussi pour les mariages
entre catholiques:
a) «procédure dinvestigation pré-matrimoniale»,
afin de vérifier déventuels obstacles à la
validité et au caractère licite du mariage, et de sassurer
des dispositions de la partie catholique pour une célébration
fructueuse;
b) la «forme canonique», pour exprimer la dimension religieuse
des noces et certifier la célébration;
c) enfin, la «licence» de lOrdinaire, en analogie avec
ce qui est requis dans les cas de mariages qui présentent des difficultés
particulières.
Ces dispositions, cohérentes avec le concept de corps social et
juridique que lEglise catholique a delle-même, et avec
la vision ecclésiale-sacramentelle du mariage, concernent directement
le seul côté catholique, mais indirectement impliquent aussi
le côté non catholique en ce qui concerne laspect unitaire
intrinsèque du pacte matrimonial.
LEglise vaudoise, tout en disciplinant avec ses propres normes la
célébration du mariage, ne prévoit pas de procédures
qui impliquent le conjoint catholique, et de toutes façons ne conditionne
pas à ces dernières la validité du mariage.
Le contenu différent des deux disciplines peut faire surgir des
difficultés, qui toutefois pourront être surmontées,
grâce au rapport oecuménique entre les deux églises,
à la lumière du principe fondamental de la compréhension
mutuelle dans la «réciprocité». Etant donnée
la non symétrie des deux disciplines, cest-à-dire
la non parfaite correspondance de droits et de devoirs, les deux églises
sengagent à tenir compte autant que possible des spécificités
de chacune delles et à agir pour que chacun des deux conjoints
jouisse dune égale dignité, reconnaissant à
lautre les mêmes droits et les mêmes obligations quil
revendique pour lui même.
Dans un tel contexte beaucoup dobstacles dérivant de la diversité
de lordonnancement respectif peuvent être surmontés,
là où cest possible, par dopportunes mesures
dexécution des normes disciplinaires à lintérieur
des limites de compétences des sujets qui ont stipulé le
présent accord.
Les difficultés pour la célébration dun mariage
mixte liées à des institutions du droit canon (comme la
forme canonique, la dispense, la licence, etc.) peuvent être surmontées
en adoptant la procédure suivante: Les fiancés, après
avoir accompli les obligations dérivant de lappartenance
à leur propre communauté, arriveront à un accord
sur la forme de la célébration quils jugeront la plus
adaptée à orienter leur vie conjugale et à exprimer
leur foi dans lintention de réaliser un chemin oecuménique
entre eux et dans leur famille. Un tel accord sera accueilli avec satisfaction
par les communautés respectives. Du côté catholique,
lOrdinaire pourra le considérer comme motif valable pour
justifier une concession souhaitée de la dispense de la forme canonique
à la partie catholique, après avoir accompli ce qui est
prescrit par le can. 1127, § 2, du Code de droit canon (consultation
de lOrdinaire, sur le territoire duquel se célèbreront
les noces).
Dans ce cas, une fois accompli le processus régulier «juridique-pastoral»
effectué à des fins ecclésiastiques, lOrdinaire
fournira à la partie catholique l«autorisation»
à procéder au mariage, avec lindication de lautre
partie contractante et de la forme de la célébration.
Le conjoint catholique et le conjoint vaudois ou méthodiste veilleront
à ce que leur mariage, célébré dans un tel
accord en dehors de leur église, soit ensuite enregistré
dans leur propre communauté religieuse, là où ce
sera demandé et conformément à la discipline de cette
dernière.
On doit toutefois considérer que dans la situation actuelle, malgré
la bonne volonté de lEglise catholique et de lEglise
vaudoise, il nest pas possible de reconnaître réciproquement
tous les mariages célébrés dans les églises
respectives, à cause de la conception différente de leur
validité. Ainsi il nest pas consenti à lOrdinaire
de donner licence au mariage dun catholique avec une personne non
catholique sil y a des empêchements dont il ne peut dispenser
(par exemple: un lien précédent, lordre sacré,
etc.) ou si se présentaient dautres motifs dannulation
selon la doctrine catholique (exclusion de lindissolubilité,
de la progéniture, etc.) même si de tels mariages sont consentis
par lEglise vaudoise.
Par contre l église vaudoise ne prévoit pas de mariages
sans effets civils, dont la célébration est expressément
prévue par les normes catholiques.
Troisième partie
INDICATIONS ET ORIENTATIONS A PROPOS DE LA PASTORALE DES
MARIAGES MIXTES
3.1. Lengagement des églises
La confrontation établie entre lEglise catholique et lEglise
vaudoise dans les chapitres précédents a mis en lumière
le fait que, même si des difficultés dues aux diversités
confessionnelles persistent, les mariages mixtes peuvent être vus
aujourdhui de façon positive grâce à lapport
quils peuvent donner au mouvement oecuménique, spécialement
quand les deux conjoints sont fidèles à leur vocation chrétienne
dans leur propre église.
Il est donc souhaitable que se développe une entente pastorale
qui engage non seulement les ministres des deux églises, mais les
communautés elles-mêmes, créant une atmosphère
spirituelle qui garantisse le témoignage authentique dune
foi commune dans lEvangile, et une confrontation claire devant les
diversités confessionnelles ainsi quune recherche, faite
en toute sérénité, des solutions les meilleures pour
les problèmes qui peuvent se poser dans des cas particuliers.
Cette entente pastorale pourra embrasser les différentes phases
à travers lesquelles se réalise le projet dun mariage
mixte.
3.2. La préparation au mariage
LEglise catholique et lEglise vaudoise estiment que le mariage
célébré dans la foi chrétienne est une réponse
à une vocation du Seigneur et, en tant que telle, a besoin d
une information adéquate et dune préparation pendant
la période de formation de chaque croyant baptisé.
Il est nécessaire que cela ait lieu déjà au cours
de la catéchèse des églises locales, en portant une
attention particulière au problème des mariages mixtes:
cest la communauté entière qui doit être informée
et préparée à cet égard.
Quand, par la suite, un membre de la communauté catholique ou vaudoise
annonce à sa propre communauté son intention de contracter
mariage avec une personne dune autre confession chrétienne,
il est avant tout nécessaire de mettre en évidence que pour
lune comme pour lautre église, lexpérience
de lunion conjugale est vécue dans le cadre de la foi, en
tant que signe du «grand mystère», cest-à-dire
de lamour de Christ pour son église (Ephésiens 5,32).
Lunion conjugale ainsi comprise réalise une communion intime
de vie et damour, ouverte à la solidarité et à
la co-responsabilité dans la société religieuse et
civile.
Tenant compte des difficultés qui surviennent dans un mariage mixte
- difficultés qui peuvent se répercuter sur la vie familiale
et sur léducation des enfants- les aspects positifs seront
indiqués pour un enrichissement réciproque des conjoints
dans la foi et pour un apport au mouvement oecuménique. Il leur
sera rappelé que les deux églises les accompagneront toujours
de leur solidarité.
Avec ces préliminaires, les fiancés seront exhortés
à ne pas partir de ces difficultés pour laisser tiédir
leur foi et négliger leur participation à la vie de la communauté.
Leur foi commune en Christ les soutiendra dans leur amour réciproque.
Le ministre de culte, auquel lun deux- ou tous deux- se sera
adressé pour demander les renseignements utiles à leur projet
de mariage, invitera les intéressés, sils ne manifestent
pas une volonté contraire, à prendre contact avec le ministre
de culte de lautre confession religieuse non encore interpellé.
Devant la volonté exprimée par les deux fiancés de
célébrer un mariage qui soit reconnu par les deux églises,
les ministres procèderont de commun accord à leur préparation
au mariage, dans le respect des dispositions disciplinaires de leurs communautés
propres, dans une atmosphère de collaboration fraternelle et réciproque.
Chacun deux invitera donc les futurs époux à un colloque
spécifique préparatoire aux noces selon la discipline de
chaque communauté; ces démarches peuvent aussi impliquer
indirectement le membre de lautre communauté, qui, comme
garantie de sa liberté de conscience, pourra faire participer au
colloque son propre ministre.
Dans le cadre de ces rencontres préparatoires, sils le croient
opportun, les ministres de culte pourront, outre lapplication de
la pratique de leur église respective, dun commun accord,
envisager quelques rencontres communes, pour disposer les futurs époux
à sengager sur un chemin oecuménique dans leur vie
conjugale.
Les difficultés objectives qui éventuellement pourraient
surgir au sujet de la validité des noces, de léducation
des enfants et du choix de la forme de célébration, seront
résolues selon les lignes daction concordées dans
la seconde partie du présent texte commun.
3.3. La célébration du mariage
LEglise vaudoise affirme que «les croyants savent par la
foi que leur mariage est contracté devant Dieu, quelle que soit
la forme nuptiale quils décident de suivre pour en donner
la certification publique « (Synode vaudois, Document sur le mariage,
n. 125); toutefois elle a sa propre liturgie nuptiale, car elle considère
que «cela devrait être spontané pour des croyants de
rendre certification publique de leur mariage à léglise
où ils vivent et avec laquelle ils témoignent dans le monde».
LEglise catholique, de son côté, consciente de pouvoir
apposer des conditions à la validité du mariage, demande
au contractant de confession catholique, comme condition pour la validité
du mariage lui-même, de célébrer selon la forme canonique,
soit dans le but de sassurer que les noces sont advenues soit surtout
pour rendre témoignage de la valeur sacrée, ecclésiale-sacramentelle,
du consentement de mariage.
Toutefois lOrdinaire de lEglise catholique pourra dispenser
le fidèle appartenant à sa propre confession de la dite
forme canonique pour les motifs précédemment illustrés.
Le mariage mixte pourra donc être célébré de
différentes façons, ce qui demande de toutes manières,
de la part des futurs époux, une préparation humaine et
chrétienne qui permette de prendre conscience de la valeur naturelle
et de foi de leur union conjugale.
La communauté catholique et la communauté vaudoise souhaitent
que la célébration du mariage soit accompagnée et
soutenue par la proclamation de la Parole de Dieu et par la profession
de foi de la communauté présente.
a) Mariage selon la forme canonique
Le mariage mixte qui est célébré selon la forme canonique
suppose que soient effectuées les formalités prévues
pour la préparation.
Le rite catholique sera habituellement celui qui est fait sans Messe.
La célébration solennelle de la Parole exprimera lunité
de foi des conjoints et en donnera témoignage face à parents
et amis, auxquels elle permettra de se trouver autour dune unique
réalité, sans que personne ne se sente troublé par
un manque de respect de sa propre conscience.
Au cas où les contractants en feraient la requête, la discipline
liturgique de lEglise catholique permet à lOrdinaire
du lieu de consentir à la célébration pendant la
Messe.
Si les époux le demandent, la participation, qui nest pas
concélébration, dun ministre ou dun/e représentant/e
de lEglise vaudoise est admise et appréciée à
la célébration du mariage. Dans ce cas seul le ministre
de lEglise catholique est autorisé à recevoir le consentement
des époux. La présence du/de la représentant/e de
lEglise vaudoise exprime la sollicitude pastorale de son église
en faveur du nouveau couple. Cette présence active pourra se traduire,
par exemple, par une participation à la liturgie de la Parole et
à la prière dintercession.
b) Mariage selon lordonnancement vaudois
La célébration du mariage mixte selon lordonnancement
vaudois seffectue selon la liturgie prévue à cet effet,
après la préparation prévue et lautorisation
de lOrdinaire requise par léglise catholique.
Si les époux le désirent, la participation du ministre catholique
à la liturgie est admise et appréciée, comme signe
dun service quon veut rendre à la réalisation
dun projet unitaire de vie conjugale chrétienne.
Tandis que le consentement sera reçu par le ministre vaudois, la
présence du ministre catholique -comme celle du ministre vaudois
dans le mariage sous forme canonique- ne se configure pas comme concélébration,
mais exprime la sollicitude pastorale de lEglise catholique en faveur
du nouveau couple.
c) Célébration devant lofficier détat
civil
Au cas où le mariage mixte serait célébré
devant lofficier détat civil, avec lautorisation
donnée par lOrdinaire à la partie catholique selon
le droit canonique et daprès les indications déjà
présentées dans le texte commun, les ministres des deux
confessions respectives auront la tâche de préparer les époux
à comprendre la valeur de lacte qui, dans sa forme civile,
créera également leur lien conjugal dans un sens chrétien.
La partie catholique sera invitée à prendre part auparavant
aux sacrements de la pénitence et de lEucharistie.
Dans ces cas, à la fin de lacte civil, on pourra faire suivre,
sans renouveler la déclaration de consentement, une rencontre oecuménique,
dans le but dannoncer lEvangile, et pour invoquer sur les
conjoints et sur leur famille la bénédiction du Seigneur.
d) Mariages sans effets civils
LEglise catholique consent, dans des cas exceptionnels, avec lautorisation
de lOrdinaire, à la célébration du mariage
sous la forme canonique sans effets civils.
LEglise vaudoise ne prévoit aucune forme de liturgie pour
les mariages auxquels ne suivent pas les effets civils, et nattribue
pas dimportance aux mariages sans effets civils célébrés
dans un autre endroit.
Dans ces cas, comme pour les mariages célébrés selon
lordonnancement vaudois et non valables pour lEglise catholique
( par ex. de nouvelles noces de divorcés), la diversité
de doctrine et de réglementation entre les deux églises,
tout en ne permettant pas la préparation commune ni la reconnaissance
réciproque des noces advenues, nexclut pas lattention
pastorale des communautés respectives pour les foyers ainsi formés,
dans le cadre dun cheminement oecuménique.
3.4. Pastorale pour les couples interconfessionnels
La présence du Seigneur Jésus ne sachève pas
au moment de la célébration des noces, mais sa grâce
promise accompagne les époux pendant toute leur vie conjugale qui
se réalise comme un chemin projeté vers lobjectif
dune parfaite union.
Cest la tâche de la communauté chrétienne déduquer
et de soutenir le couple dans une attitude de conversion continuelle;
de lexhorter à demander conseil pour surmonter les difficultés
multiples quil devra affronter; de le stimuler à grandir
ensemble dans la foi et à cultiver les vertus qui rendent la vie
en commun plus ordonnée et apaisante.
Dans cet esprit le couple se disposera à vivre avec générosité
lexpérience spéciale de donation dans
la paternité et dans la maternité face à la vie nouvelle,
qui pourra jaillir comme don divin de leur union.
Ceux qui se sont unis en mariage dans la foi ont besoin tous les jours
de lécoute de la Parole de Dieu, de la prière commune
et du soutien fraternel de la communauté chrétienne, en
particulier face aux nouveaux problèmes et aux nouvelles responsabilités
quils devront assumer au cours de leur vie conjugale .
Il faudra favoriser, par conséquent, les contacts de chacun deux
avec la communauté de leur partenaire, aussi bien dans son propre
cadre que dans les rencontres communes de prière, de façon
à offrir au couple interconfessionnel le réconfort dune
compréhension et dune aide inspirée de la même
foi en Christ et de lespérance confiante en une unité
des croyants, qui sera invoquée comme don de lEsprit.
CONCLUSION
Le texte présent, élaboré dun commun accord,
a été conçu comme un premier pas concret sur le chemin
oecuménique, dans un domaine particulièrement délicat
et apte à ouvrir la voie à des développements ultérieurs.
Dans le respect des positions réciproques, on a cherché
à tenir compte avec attention du patrimoine commun de la foi et
à interpréter objectivement les divergences que seules la
foi en Christ et la grâce du Seigneur peuvent faire surmonter.
Le souhait est que le présent texte commun sur les mariages mixtes
contribue à augmenter la compréhension réciproque
et à renouveler notre engagement pour un chemin oecuménique
appelé à progresser.
Il a été soumis à lapprobation de la Conférence
Episcopale Italienne et au Synode des églises vaudoises et méthodistes,
qui décideront dun commun accord comment réaliser
pratiquement les indications pastorales qui y sont contenues.
Rome 16 juin 1997
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